9 mai 2021

Tribune libre : Les aventures africaines d’une organisation nommée OIAD.

« Je jure, comme Avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ». C’est le serment que prononcent les nouveaux avocats admis à exercer dans les Barreaux français.

Cette phrase nous plonge au cœur de l’affaire Nzigou Anges-Kevin du nom de l’avocat, membre de la plateforme politique « Appel à agir », mis en cause dans le dossier Nicolas Nguema, autre membre de la même plateforme, interpellé il y a quelques jours à Libreville et placé en garde à vue dans les locaux du B2, sous la réquisition du Parquet de Libreville.
Selon les premiers éléments de ce dossier qui ont transpiré dans la presse, l’affaire serait liée à la vente par Nicolas Nguema d’un bateau et d’autres biens qui avaient été placés sous séquestre par décision de justice.
Sans préjuger de la suite des événements et de la réalité des faits reprochés à ce dernier, je m’interroge sur l’agitation qui entoure ce dossier et notamment, l’entrée en jeu d’acteurs extérieurs, à l’instar de L’OIAD, l’Observateur International des Avocats en Danger, un obscur groupuscule qui a vu le jour il y cinq ans et qui réunit en son sein quelques avocats français et européens.

Étonnant que cette organisation ait décidé de s’impliquer dans une affaire qui n’en est pas encore une, d’autant qu’en l’état actuel des choses, le Parquet de Libreville s’est juste limité à informer le Batonnier de l’Ordre des Avocats du Barreau gabonais de la possible implication de Me Nzigou Anges-Kevin dans le dossier en cours d’instruction et qui concerne son client, M. Nicolas Nguema. Il s’ensuit un emballement médiatique qui semble destiné à faire barrage à la poursuite de l’action judiciaire.

Alors que les autres membres de la plateforme « Appel à agir » tenaient une conférence de presse hier au cours de laquelle, ils accusent la justice gabonaise d’être l’instrument d’un règlement de comptes politique, on apprend dans un communiqué publié la veille dans les réseaux sociaux, que l’OIAD dénonce « la procédure ouverte contre un avocat gabonais en violation des règles procédurales régissant notamment la profession d’avocat ». Une curieuse démarche que voici, quand on sait qu’aucune convocation à comparaître devant le Procureur de la République n’a encore été adressée à l’intéressé. On est là visiblement face à une sorte de tentative d’intimidation voire un trafic d’influence vis-à-vis de la justice gabonaise. Et cela interroge parce que cette sortie de L’OIAD survient au moment où se tient à Paris le procès des écoutes téléphoniques où l’ancien président français Nicolas Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et un ancien haut magistrat à la Cour de Cassation Gilbert Azibert comparaissent pour les accusations d’association de malfaiteurs et de trafic d’influence.

Voilà une affaire exemplaire dans laquelle on aurait aimé entendre la voix de l’OIAD, pour nous dire comment un avocat et un ex-haut magistrat de la plus haute juridiction française peuvent se retrouver à la barre des accusés dans un procès en correctionnelle?

En effet où était-elle cette OIAD, qui tente d’intimider la justice gabonaise, en insinuant qu’elle violerait les droits du mis en cause.

Apparemment, ces règles procédurales n’ont pas empêché la justice française lorsqu’elle a traîné à la barre l’avocat Thierry Herzog. Mon étonnement vient du fait que l’OIAD ne soit pas monté au créneau pour faire valoir ces droits de l’avocat Thierry Herzog depuis sa mise en examen il y a environ quatre ans, jusqu’a ce procès où il risque une peine de dix ans de prison tout comme son client Nicolas Sarkozy ainsi que son co-accusé l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert.

On le voit bien, en France comme ailleurs dans le monde, les avocats de même que les magistrats sont des justiciables comme les autres. Et disons-le haut et fort: ILS NE SONT DONC PAS AU-DESSUS DE LA LOI comme voudraient le faire croire certains.

Meme si en matière de poursuites engagées contre un avocat, la procédure recommande que le Parquet notifie au bâtonnier de l’Ordre des avocats son intention d’auditionner un de ses confrères, les avocats sont assujettis comme tout citoyen aux lois de la République.

Cette sortie de la fumeuse OIAD ne s’appuie que sur un préjugé largement répandu dans certains milieux judiciaires et politiques en Occident selon lequel, l’exercice de la profession d’avocat en Afrique serait périlleux.

Mais si en France, un avocat et un haut magistrat peuvent être poursuivis en justice devant une Cour criminelle, pourquoi l’OIAD voudrait-elle qu’il soit fait exception au Gabon si les soupcons qui pèse sur Me Nzigou Anges-Kevin sont bien étayés par des éléments tangibles? Pourquoi insinuer que ces éléments de preuve n’existent pas et que tout ceci n’est qu’une manoeuvre politique destinée a le neutraliser?

Il faut dire que l’idée selon laquelle un avocat ne peut être poursuivi en justice est largement répandu au Gabon. De la même façon, il est communément admis au sein de l’opinion qu’un politicien ne peut-être poursuivi en justice comme n’importe quel justiciable, même s’il existe des preuves qu’il s’est livré à quelques malversations. On préfère penser que toute action intentée en justice contre un politicien ne peut être que d’un règlement de comptes politique, un coup monté pour le déstabiliser.

Pourquoi venir s’immiscer dans une procédure qui ne concerne pour l’instant que M. Nicolas Nguema, le client de Me Nzigou Kevin? En effet, dans sa lettre au bâtonnier Me Lubin Martial Ntoutoume, le Parquet de Libreville s’est contenté d’indiquer que ce dernier pourrait éventuellement être auditionné pour déterminer son niveau d’implication dans l’affaire de la vente frauduleuse du bateau.

Au regard de ce qui précède, on peut déduire que la manoeuvre à laquelle se livrent la plateforme « Appel a agir » et ses complices de l’OIAD, n’est autre que de la mystification.

Oui, de la mystification parce qu’ils pensent qu’en Afrique on peut encore venir jouer les intimidateurs, en brandissant les arguments habituels du non-respect des droits de l’homme, de la démocratie et tutti quanti. Des domaines dans lesquels ces fausses organisations tirent leur légitimité usurpée, en surfant sur la réputation méritée ou non des États africains de ne pas faire cas de ces libertés.

Il faut espérer que la justice gabonaise restera droite dans ces bottes et poursuivra son œuvre de manifestation de la vérité dans l’affaire Nicolas Nguema, n’en déplaise à tous ceux qui croient que leur étiquette d’avocat ou d’activiste politique les exempterait des rigueurs de la loi quoiqu’ils fassent.

Collaboration particulière de Thérèse d’Avila Nguema.

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warren opiangah3
warren opiangah3
4 mois il y a

Une tribune à la solde des tortionnaires. Lol.

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