28 juillet 2021

Intégralité du discours d’Ali Bongo devant les deux chambres du Parlement

Présent devant les deux chambres du parlement ce 25 juin, le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, a tenu une allocution lors de cette rencontre. Notre rédaction vous livre l’intégralité de ses propos.

« Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Conformément à la Constitution Gabonaise qui donne, en son article 24, le droit au Président de la République de s’exprimer devant la Représentation
nationale, je voudrais, en ce jour, m’adresser à vous. Issus du suffrage universel direct et indirect, vous êtes l’expression et l’incarnation de la volonté nationale. La voix légitime, reconnue et acceptée de l’ensemble des
Gabonaises et des Gabonais, qui vous ont élus.
Aussi, est-ce avec gravité et responsabilité que j’exerce ce droit qui m’est accordé, tout en le considérant comme un devoir démocratique. Chers Parlementaires,

Comme vous le savez, ces dernières années, notre
pays, a connu des moments difficiles, éprouvants.
Toutefois, dans la tempête et la tourmente, que ce soit
au niveau de l’Exécutif, du Législatif ou du Judiciaire,
nos institutions n’ont jamais vacillé.
Elles ont démontré, aux yeux de tous, leur solidité,
mais également leur capacité d’adaptation et de
résilience.
En effet, pour exister, fonctionner, se projeter dans la
durée, une démocratie ne doit pas s’enfermer dans un
carcan rigide.
Mais accepter de considérer les nouvelles donnes qui
surgissent dans un environnement en constante
mutation, et apporter de véritables réponses aux
questions sociétales qui se posent.

C’est ainsi que, tirant les leçons des événements
passés, et convaincus que « gouverner, c’est prévoir »,
vous avez procédé, au mois de décembre dernier, aux
nécessaires ajustements, avec pour seul objectif de
consolider notre édifice constitutionnel, de le rendre
plus efficace et plus démocratique.
Certains points ont été précisés, circonscrits,
clairement énoncés par le législateur afin qu’ils ne
soient point l’objet de multiples interprétations ni de
contestation.
Cela concerne notamment la réglementation en cas
d’empêchement, temporaire ou définitif, du Président
de la République, et de vacance du Pouvoir.
Ou encore, la responsabilité pénale du Chef de l’État
qui, bien que protégé dans l’exercice de ses fonctions,
ne bénéficie pas d’une impunité absolue.
D’autres points ont été intégrés.


Ainsi la possibilité, désormais offerte au Président de
la République, de nommer 15 sénateurs sur 52 afin de
donner l’opportunité à des hommes et des femmes,
aux compétences confirmées et reconnues, de
contribuer valablement à l’édification et à
l’affermissement de notre Démocratie.
Ces initiatives nécessitent, des dignes Représentants
du Pouvoir législatif que vous êtes, du discernement,
de la clairvoyance, de la sagesse. Aussi, voudrais-je
vous exprimer mes vives félicitations.
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Aujourd’hui, plus que jamais par le passé, nous devons
nous rappeler la finalité de nos choix et de nos actes.

Pourquoi cette quête d’une démocratie de plus en plus
libérale ?
Pourquoi ces réformes audacieuses si ce n’est pour
parvenir à la réalisation du bien commun, au service
du plus grand nombre ?
Notre boussole doit être celle-là: garantir la Paix et la
Sécurité, promouvoir la Liberté, l’Égalité et le bienêtre de tous nos compatriotes.
La sécurité est la première des libertés. La sécurité,
résulte de la paix. Cette paix, nous devons tout faire
pour la préserver. La préserver jalousement.
Sur le plan extérieur, nous pouvons nous réjouir de la
récente élection de notre pays au siège de membre
non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
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Mais nous devons également tout faire pour préserver
cette paix sur le plan intérieur. Une paix qui fait partie
de notre histoire politique et qui manque parfois
cruellement ailleurs en Afrique.
Cela s’appelle la concorde civile, le vivre-ensemble.
Elle est le fruit d’une démocratie apaisée où nos
concitoyens se sentent légitimement représentés à
travers leurs élus, Vous et Moi.
A cet égard, je salue la réouverture du Palais Léon
Mba. Tel un phénix, il renait de ses cendres. C’est la
preuve que si l’on peut s’en prendre à un bâtiment, on
ne peut attenter à une idée, a fortiori à un idéal. Que
chacun se le dise, la démocratie au Gabon est sacrée !
Pour garantir la Paix dans notre pays, il faut assurer la
Justice sociale entre tous nos concitoyens. Cette
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Justice sociale porte un nom : l’Égalité. Le programme
« Gabon Égalité », qui comprend une composante
législative, en est une parfaite incarnation car il vise à
rendre notre société plus juste, plus équitable, plus
protectrice envers les personnes faibles et vulnérables.
C’est tout le sens des trois projets de loi adoptés en
mars dernier par le Gouvernement, afin d’intensifier
la lutte contre les violences faites aux femmes et
garantir efficacement et durablement l’égalité en droit
et dans les faits entre les femmes et les hommes.
Ces textes, qui modifient à la fois le Code pénal, et le Code civil, vous les avez, Mesdames et Messieurs les
Parlementaires, récemment votés à une très large
majorité.
Je vous en félicite. Vous vous en êtes appropriés
l’esprit, et la lettre. Vous avez su saisir cette

opportunité historique. Opportunité d’emmener la
société gabonaise à faire un pas de géant.
A s’arrimer à la modernité, tout en préservant ses
traditions et son socle culturel. Opportunité de
soutenir, de préserver, de garantir, par des textes de
loi, le rôle prépondérant que la femme gabonaise a
toujours occupé au sein de nos familles et de nos
communautés.
Vous avez fait du programme « Gabon Égalité », non
pas un slogan, Mais une réalité.
Vous pouvez en être fiers !
Mesdames et Messieurs,
Légiférer, tout comme gouverner, c’est prendre
conscience non seulement de ses droits, mais aussi de
ses responsabilités et de ses devoirs.
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Cela exige du courage, beaucoup de courage et de
l’abnégation, pour ne pas emprunter la voie du
populisme.
En ma qualité de Président de la République et donc
de Premier Magistrat du pays, je suis amené, au
quotidien, à faire des choix difficiles et procéder à des
arbitrages qui ont une incidence sur la vie de près de
2 millions de nos compatriotes.
C’était notamment le cas ces derniers mois, avec
crise sanitaire mondiale sans précédent, qui n’a pas
épargné notre pays, en déstructurant nos sociétés et
en renversant le socle de nos vies.
Face à cette terrible pandémie de la covid 19, les
décisions que j’ai prises, notamment l’instauration du
couvre-feu ou le confinement, n’ont pas toujours été
comprises par les populations.
Elles ont suscité des critiques, voire des contestations.
Néanmoins, je les ai prises. J’ai agi.
J’ai agi en mon âme et conscience, dans le souci
permanent de protéger mes compatriotes. De sauver
des vies, de sauver toutes les vies. Et s’il m’était donné
de le refaire, je le referai, sans aucune hésitation.
En effet, c’est grâce à ces choix douloureux, à notre
sens de responsabilité et de solidarité que notre pays a
été mieux protégé que beaucoup d’autres.
Nous pouvons nous en féliciter: le Gabon est cité
comme une référence sur le continent pour sa gestion
rigoureuse de la crise sanitaire. Pour sa capacité à
tester, à soigner, et maintenant, à vacciner.
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Le populisme est une voie large et facile d’accès.
Toutefois il conduit toujours à une impasse. Il est,
tout comme la démagogie, l’antidote de la
Démocratie.
Aussi, voudrais-je vous rappeler, si besoin est, que
dans ce temple de la Loi, seul l’intérêt supérieur de la
Nation doit primer.
En votre qualité d’élus du peuple, vous avez l’honneur
de légiférer, de façonner le cadre juridique qui permet
la vie en société. Vous avez également un devoir de
responsabilité. Ne le perdez jamais de vue.

Par vos votes, vous pouvez impacter positivement ou
non le cours d’une vie, la préserver ou non des abus
de toutes sortes, la sauver ou la condamner.
Vous pouvez permettre à nos mères, nos épouses, nos
filles, d’avoir des opportunités égales à celles des
hommes. C’est l’essence même des propositions faites
dans le cadre du programme « Gabon Egalité » et il en
va de l’intérêt général dans notre pays.
Oui, vous avez devant vous une opportunité
historique d’engager résolument notre pays dans une
voie plus ambitieuse, plus prometteuse, plus équitable.
Par les réformes législatives et sociétales, mais aussi
par l’adoption des stratégies qui favorisent une
croissance endogène et durable.
Ainsi, toutes les mesures que nous avons prises, toutes
les actions que nous avons menées, participent à cette
ferme et unique volonté de promouvoir le bien-être
collectif et de favoriser l’émergence d’une société
gabonaise plus humaniste, plus solidaire.
Il s’agit pour nous, aujourd’hui, d’intensifier et
d’accélérer les mécanismes déjà amorcés, notamment
grâce au « Plan d’Accélération de la Transformation »
qui a été présenté en début d’année.
Il est primordial de diversifier notre économie, de
créer davantage de valeur ajoutée localement, de
réduire les importations et notre dépendance de
l’extraction des matières premières.
Nous devons également revoir notre système de
formation pour mieux l’adapter aux exigences
actuelles et favoriser une meilleure répartition des
richesses tout en alliant le respect de l’environnement
et le développement socio-économique.
Un autre défi est de renforcer, et d’améliorer, notre
dispositif de santé sur l’ensemble de notre territoire,
et de pérenniser la solidarité entre les générations.
Envers nos ainés, avec la consolidation du système de
retraite. Envers les jeunes, avec les bourses étudiantes.
Envers les personnes malades et les plus vulnérables,
avec l’assurance-maladie.
Chers Députés, Chers Sénateurs,
Pour mener à son terme ce vaste mouvement que
nous avons initié, j’ai résolument besoin de votre
soutien et de votre confiance.
Je sais pouvoir compter sur chacune et chacun d’entre
vous. Sur votre sens de l’intérêt général, des
responsabilités, de la loyauté. Sur la volonté qui est la
vôtre, de voir le nom « GABON » inscrit sur la scène
continentale et internationale, comme un modèle à
suivre.
Ne laissons pas de petits intérêts particuliers ni des
agendas cachés désagréger notre unité, notre solidarité
et notre vivre ensemble.
Que Dieu vous bénisse, et qu’il bénisse le Gabon ! »

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