19 octobre 2021

Julien Nkoghe Bekale : « Le Gabon, une Maison Commune pour un Dessein Commun »

Dans une tribune récemment publiée, l’ancien Premier ministre du Gabon, Julien Nkoghe Bekale, s’est prononcé sur la portée démocratique et unificatrice de l’allocution du Chef de l’État, Ali Bongo Ondimba, devant les parlementaires réunis en congrès. (Verbatim)

Communication du Président de la République au Parlement réuni en congrès : « Le Gabon, une Maison Commune pour un Dessein Commun ».

Conformément à l’article 24 de la Constitution, Son Excellence ALI BONGO ONDIMBA, Président de la République, Chef de l’Etat, a délivré une importante communication devant les Députés et les Sénateurs réunis, à cet effet, en Congrès, le 25 Juin 2021, au Palais Léon MBA.

Que pouvons-nous retenir de cette prise de parole présidentielle ?

Chacun, à son niveau de compréhension peut naturellement apprécier le discours du Président de la République selon sa propre grille de lecture et sa posture.

« J’ai résolument besoin de votre soutien et de votre confiance ». Cette interpellation du Président de la République ne peut laisser indifférent.

En choisissant de s’adresser aux Députés et aux Sénateurs, sous sa forme constitutionnelle la plus solennelle, le Président de la République invite les Parlementaires, sans distinction d’obédience politique et par extension tous les gabonais, à s’inscrire dans cette dynamique pour semer, cultiver la concorde civile et le vivre ensemble. Il nous invite à être ses relais auprès des populations pour obtenir beaucoup plus leur adhésion en menant des actions qui impactent positivement leur vie quotidienne.

Pour ma part je l’ai entendu comme un appel républicain à une prise de conscience collective et individuelle sur la nécessité de préserver la concorde civile et notre vivre ensemble.

Le président de la République a pris le temps de faire un état des lieux, de mesurer les atouts et les faiblesses du pays, d’identifier les défis qui l’attendent et les promesses qu’il peut tenir, avant même que cette crise sanitaire mondiale ne s’abatte sans distinction sur les faibles comme sur les puissants ; cette crise sanitaire est apparue comme le révélateur des nécessaires transformations systémiques, en lien avec le développement de nos territoires et nos domaines de souveraineté économique, alimentaire, sanitaire, énergétique, numérique et environnementale.

Pour le Président de la République, l’heure est venue de renouveler le pacte national. Un pacte de confiance, avec les élus, dignes représentants du peuple. Il s’agit d’un engagement moral, politique et symbolique fort pris devant la Nation toute entière. Ce pacte inaugurera un nouveau chapitre de l’histoire du pays.

Sous le leadership avisé et courageux du Président ALI BONGO ONDIMBA, notre pays a connu des progrès notables. Ces avancées entraînent dans leur sillon de plus grandes exigences et légitiment des aspirations nouvelles qui convergent toutes aujourd’hui, autour de la même impatience et du même désir de voir le Gabon se hisser au rang des nations enviées comme un modèle de développement à suivre. Cela est possible si nous travaillons ensemble comme l’a toujours souhaité le Président de la République.

Le développement d’une Nation prend racine dans un terreau fait de repères et de valeurs symboliques et se déploie dans le temps long. Le Président de la République a toujours choisi d’évoluer dans la pluralité et l’inclusion. La démocratie gabonaise vécue et pratiquée dans le dialogue, la tolérance et l’ouverture est une force pour faire perdurer notre attachement à la paix et à la prospérité partagée. Il n’y pas d’avenir commun vers lequel se projeter sans valeurs communes à partager.

D’un point de vue sociétal, notre pays a développé une ingénierie du consensus large et inclusif, enraciné dans les profondeurs d’une culture ancestrale plurielle largement partagée et ouverte sur l’avenir. Nous possédons des atouts nécessaires pour faire dialoguer des obédiences multiples et créer aussi les bases d’une appartenance à une « Maison Commune pour un Dessein Commun ».

Notre pays est désormais en capacité de transformer les atouts de sa culture politique consensuelle en leviers de puissance dans le cadre d’un Etat fort et juste et une société forte et dynamique. Il est question de transformer le pluralisme d’idées en une démocratie d’idées de développement. Le populisme n’a pas sa place dans notre démocratie.

Le Président de la République, garant de cette concorde civile, est la clef de voûte de cet élan dynamique. Sa prise de parole rassure et donne à la Nation la force et l’audace nécessaires à la réalisation de notre ambition collective de bâtir une Nation unie et indivisible.

Le Président de la République nous invite à nous projeter collectivement vers une nouvelle ambition de développement. Il nous invite à restaurer la confiance pour accélérer la marche vers le progrès et la prospérité pour tous. Il nous invite à accélérer la transition vers un nouveau modèle de développement, à travers le plan d’accélération de la transformation. Car l’avenir de la Nation et des générations futures en dépend.

A travers les Représentants du peuple, Députés et Sénateurs, le Président de la République appelle les gabonaises et les gabonais à favoriser la convivialité dans les rapports humains.

En effet, face au sentiment d’un durcissement des rapports sociaux, l’amabilité, la courtoisie, l’affabilité, la prévenance et la politesse sont autant de valeurs indispensables à développer par chacun de nous. La recherche de la convivialité apparait donc naturellement comme une réponse au délitement de nos liens sociaux et familiaux.

En nous invitant au « convivialisme », idée inspirée de la notion anglosaxonne de ‘‘care’’, le Président de la République nous invite à prôner un art de vivre ensemble, qui recommande de prendre soins les uns des autres, y compris de la nature.
Certes, Il reste beaucoup de chemin à parcourir. En effet, les exemples d’agressivité et de méchanceté sont aujourd’hui omniprésents dans les médias, qu’il s’agisse de violences politiques, en passant par les violences conjugales, les diverses formes de harcèlement, les propos agressifs des responsables politiques ou les injures échangées sur les réseaux sociaux, la convivialité est menacée. Le principe chrétien millénaire « aimez-vous les uns des autres » est désormais remplacé par « méfiez-vous les uns des autres ».

L’état d’esprit ambiant aujourd’hui est en effet dominé par la méfiance à l’égard des autres, à commencer par les élites. Mais la méfiance est, on le sait, mauvaise conseillère. Elle modifie les comportements, paralyse l’action, incite au repli de soi, engendre des tensions sociales et favorise l’ethnisme, le tribalisme ou le clanisme. Pour éviter la méfiance, il faut rétablir la confiance entre les fils et filles du Gabon.

Le discours du Président de la République, devant le Parlement vise donc à rétablir la confiance entre les acteurs politiques et les citoyens.
L’une des conditions majeures de la restauration de la confiance est d’obtenir l’adhésion de la grande majorité des gabonais sur les mesures à prendre et sur les réformes nécessaires à entreprendre pour relever les défis qui ne sont pas, du reste, spécifiques à notre pays.

Pour assurer leur mission d’acteurs majeurs et responsables de la société, les médias doivent s’attacher à apaiser les tensions plutôt qu’à les exacerber. Leur attitude est déterminante dans la mise en œuvre d’une démocratie positive, tant pour installer un nouvel état d’esprit que pour faire émerger et diffuser des idées et des initiatives profitables à la communauté nationale. Ils doivent jouer un rôle essentiel dans la présentation des solutions qui sont proposées et faciliter leur mise en œuvre.

La primauté de l’intérêt général implique donc que les intérêts personnels, communautaires ou corporatistes soient mis de côté. L’intérêt général ne saurait être la somme des intérêts particuliers ou ceux de groupes constitues. Il est celui qui permet à une société de résoudre les problèmes du moment et de se développer de façon durable, de sorte que chacun de ses membres en bénéficie.

La réalisation de cet objectif passe par la mise en place d’une véritable cohésion nationale, fondée sur la responsabilité individuelle et collective, en vue d’aboutir à un consensus national permettant de mettre en place avec succès les reformes et adaptations nécessaires de notre modèle de développement.

Comme l’a souligné le Président de la République, le populisme ne peut pas remplacer la démocratie participative qui a pour finalité de rendre possible tout ce que le peuple souhaite, ce qui est meilleur pour lui, à un moment donné mais aussi à long terme. Plus qu’une responsabilité, c’est une obligation de s’unir pour bâtir ensemble notre pays.

Le Président de la République nous invite à mettre de côté nos certitudes idéologiques et politiques qui nous empêchent souvent de privilégier l’intérêt général. Nos postures partisanes limitent la possibilité d’un dialogue constructif entre les citoyens ayant des convictions différentes. C’est ainsi que les responsables politiques de tout bord et les partenaires sociaux adoptent très souvent des attitudes irréductibles.

Pour le Président de la République, l’heure est donc venue de renouveler le Pacte Républicain et Patriotique. Un pacte de confiance avec le peuple à travers ses élus. Ce pacte inaugure, sans aucun doute, un nouveau chapitre de l’histoire de relations entre le Président de la République et les Représentants du peuple. Il est porteur d’un leadership nécessaire à l’atteinte des grandes ambitions pour le pays, à leur suivi et à leur continuité.

« L’avenir est une porte, le passé est une clé » disait Victor Hugo.

Ayons foi et confiance en notre Président.

Julien NKOGHE BEKALE
Membre du Comité Permanent du Bureau Politique
Ancien Premier Ministre
Député à l’Assemblée Nationale

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