11 mai 2021

L’intégralité du propos liminaire de Jessye Ella Ekogha

Comme annoncé par la présidence de la République, le porte-parole du palais a fait face à la presse ce 25 janvier 2021, occasion pour lui de revenir dans les détails sur les évènements sociopolitiques qui ont prédominé ces derniers jours au Gabon. Notre rédaction vous propose l’intégralité de son propos liminaire.

« Avant toute chose, je tenais à rappeler et à m’associer au vibrant hommage rendu par le Chef de l’Etat et l’ensemble du Conseil des ministres vendredi au Maître major Franck Donald MBOUNDOU MOUSSOUNDA, membre du Bataillon d’infanterie gabonais engagé dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine, la MINUSCA, tragiquement décédé les armes à la main alors qu’il était en mission commandée.

En signe de reconnaissance de la Nation pour son courage, sa bravoure et son patriotisme, le Chef de l’Etat a pris l’initiative de l’élever, à titre posthume, au grade de Chevalier dans l’Ordre du Mérite Gabonais.

Une récompense amplement méritée.

En cette période d’individualisme forcené, de perte des repères et des valeurs, le Maître major Franck Donald MBOUNDOU MOUSSOUNDA, capable du sacrifice suprême pour son pays, force notre respect à tous.

Commençons donc par les questions internationales. La cérémonie des vœux au corps diplomatique a rappelé, si besoin en était, combien le Gabon est un acteur majeur sur la scène diplomatique, non seulement au niveau continental mais également international.

Je vous rappelle que notre pays a été choisi lors de la COP 2019 de Madrid pour présider le groupe des négociateurs africains en vue de la prochaine COP qui aura lieu en novembre prochain à Glasgow en Ecosse. Le signe du rôle majeur que le Gabon joue en matière de diplomatie environnemental et de défense de l’Accord de Paris sur le climat.

Le Gabon a, par ailleurs, été élu en octobre dernier, membre du Comité des droits de l’Homme de l’ONU. Ici aussi, c’est une victoire pour notre diplomatie. La preuve que le Gabon est un acteur important dans le concert des Nations.

Enfin, cette cérémonie des vœux au corps diplomatique a été l’occasion pour le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM. Ali Bongo Ondimba, d’annoncer que le Gabon a déposé sa candidature pour briguer un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2022-2023. Un objectif pour lequel notre appareil diplomatique déploie déjà toute son énergie.

Le prochain Sommet ordinaire de l’Union africaine se déroulera les 6 et 7 février prochain. Covid-19 oblige, il se tiendra en visioconférence. SEM Ali Bongo Ondimba y participera naturellement. A cette occasion, le Président de la RDC, M. Félix Tshisekedi, succédera à la tête de l’UA au Président sud-africain, M. Cyril Ramaphosa. M. Tshisekedi a d’ores et déjà fait savoir qu’il aurait deux priorités : la lutte contre la pandémie de Covid-19 et le déploiement de la Zlecaf. Deux priorités avec lesquelles le Gabon est parfaitement en phase et pour lequel Il apportera son entier appui au président en exercice de l’UA.

Venons-en maintenant aux questions de politique intérieure.

Commençons par l’urgence du moment. La lutte contre l’épidémie de Covid-19.

La situation est, je ne vous le cache pas, préoccupante. On assiste depuis un mois désormais à une augmentation du taux de contamination au virus. Conséquence : après être descendu sous la barre des 100 cas actifs courant décembre, notre pays compte aujourd’hui plus de 250 cas actifs. Et la tendance est à la hausse.

À cela, s’ajoute la mutation du virus et l’apparition de nouveaux variants (britannique, japonais, sud-africain), beaucoup plus contagieux.

Face à cette situation et avec le sens de l’anticipation qui le caractérise, le Président de la République a convoqué il y a deux semaines un conseil présidentiel pour mettre en tension notre chaine de riposte, qui est considérée, je le rappelle, comme l’une des meilleures en Afrique.

Cette mise en tension a abouti à des décisions, rendues publiques samedi par le Gouvernement lors d’une conférence de presse. Je vous en rappelle les principales : le couvre-feu ramené de 20h à 5h du matin à compter d’aujourd’hui, le renforcement du contrôle sur les respects des mesures édictées par le gouvernement et les amendes systématiques en cas de non-respect de celles-ci.

Ces mesures pourront être encore durcies si la cinétique de l’épidémie, c’est-à-dire la circulation du virus, n’était pas enrayée. A cet égard, et chacun a pu le constater, on observe un relâchement dans le respect des gestes barrières dans certaines catégories de la population. Or, il est important de rappeler que respecter ces gestes barrières, observer les mesures d’hygiène comme le lavage fréquent des mains, c’est sauver des vies.

Enfin, à ce sujet, je rappellerai l’autre grande priorité du Président de la République : la préparation de la campagne de vaccination. Le Président a souhaité, ici aussi, prendre les choses très en amont. Les contacts ont été multipliés avec les partenaires internationaux. Je vous rappelle l’engagement pris par le Chef de l’Etat lors de ses Vœux du 31 décembre dernier : faire du Gabon l’un des premiers pays en Afrique à bénéficier du vaccin et à déployer une campagne de vaccination sur l’ensemble de son territoire national. Le vaccin apparaît aux yeux de tous les spécialistes comme la seule porte de sortie vers un retour à la vie normale.

Voilà ce qu’on peut dire à ce jour au sujet de l’épidémie de Covid-19. La situation est préoccupante et appelle la vigilance de tous. A cet égard, vous Mesdames et Messieurs des médias, avez, sans doute un rôle de sensibilisation, de pédagogie à jouer.

J’en viens maintenant au séminaire gouvernemental qui s’est tenu la semaine dernière.

Je vous en rappelle brièvement l’objet : accélérer la transformation économique et sociale de notre pays en fixant des objectifs ambitieux. J’en citerai quelques-uns :

– réduire le poids du secteur pétrolier dans notre PIB.

– faire passer la part de notre consommation alimentaire produite localement au-dessus des 50 % afin de diminuer nos importations et favoriser l’essor de notre agriculture et de notre industrie ;

– mais aussi restructurer et diminuer le poids de notre dette, favoriser les PME gabonaises – je vous renvoie à ce sujet au projet d’ordonnance qui a été adopté lors du dernier conseil des ministres.

Outre des objectifs ambitieux, ce séminaire a également – et peut-être surtout – permis de définir une méthode rigoureuse et inédite d’exécution, de mise en œuvre.

C’est sur ce point que j’aimerais insister. Tout d’abord, la cohérence entre les annonces et les actes sera assurée par l’adoption d’une loi de Finances rectificative. En clair, à l’avenir, aucune annonce de nouveaux projets ne sera faite si les projets en question n’ont pas été préalablement financés.

Ensuite, un reporting sera fait chaque trimestre par les ministres concernés à la fois devant le Président de la République, le Parlement et devant la population. Ce reporting trimestriel, quasi-inédit en Afrique, garantit la transparence mais aussi l’efficacité du processus. Les ministres sont donc puissamment incités à éviter tout retard. D’autant que le Président de la République l’a dit. Il n’hésitera pas à sanctionner les ministres défaillants.

On pourra y revenir plus largement dans quelques minutes, si vous le voulez, lors des questions-réponses.

Enfin, je voudrai clore mon propos liminaire en évoquant les élections sénatoriales des 30 janvier et 6 février prochains.

À cette occasion 52 sénateurs seront donc élus dans quelques jours pour 6 ans à la Chambre Haute.

Ces 52 sénateurs seront rejoints par 15 autres, nommés par le Président de la République. Ce qui fera 67 sénateurs en tout. C’est ce que prévoit le projet de loi organique adopté en conseil des ministres vendredi. J’en cite le compte rendu :

« Le texte prévoit que les Sénateurs nommés sont désignés par décret du Président de la République parmi les personnalités ayant honoré le service de l’État, âgées de 40 ans révolus, jouissant de leurs droits civils et politiques et n’étant frappées d’aucun cas d’incapacité par la loi. »

Comme je l’ai dit lors de mon dernier point de presse, il s’agit d’une avancée démocratique. D’une part, cette disposition est déjà présente dans certaines des plus grandes démocraties dans le monde. D’autre part, elle permet de renforcer le niveau de compétence du Parlement, ce qui est nécessaire compte tenu de la technicité de plus en plus élevée des dossiers. Ici aussi, en tant que citoyen, on ne peut que s’en réjouir ».

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