28 novembre 2021

TRIBUNE LIBRE | Journée Internationale de la Femme : Jo Dioumy Moubassago livre l’émouvante échange avec sa mère

La célébration d’une journée aussi importante que la Journée Internationale de la Femme, est toujours une occasion de se replonger dans les histoires qui nous ont bercé tout au long de notre enfance. Comme tout enfant, en grandissant, ce sont les histoires de ma mère qui m’ont édifiées sur la condition de la femme gabonaise. Violences conjugales. Il fut un temps dans notre pays où la violence conjugale faisait la loi dans les foyers.

Des hommes peu vertueux et peu soucieux de l’intégrité physique de leurs épouses passaient leur temps à battre ces dernières. Plusieurs d’entre elles en ont souffert avec à la clé, des cicatrices physiques qui rappellent à vie, le niveau de violence exercée sur elles.

A 63 ans aujourd’hui, ma mère m’a souvent dit que certaines de ses amies ont perdu la vie sous les coups de leurs conjoints. Avec une certaine gravité, elle m’explique que la justice était comme impuissante devant cette forme de violence. Cette justice se taisait au nom d’un droit non écrit que pouvait exercer le mari sur son épouse. C’était comme s’il y avait un consensus entre hommes, qui évitait à certains bourreaux clairement identifiés, de faire de la prison.Dépouillées de tout.

Elle me raconte l’histoire de Christine M, une amie avec laquelle elle avait fait tout son parcours à l’école primaire et qui était devenue infirmière dans la région de Bongolo (Ngounié). Après le décès brutal de son époux, elle a vécu l’enfer. Au moment de la succession, à la suite de la réunion de la famille, Mme Christine M. a été dépouillée de tout ce qui lui revenait de droit, étant légalement mariée avec le défunt. Elle a été accusée par sa belle-famille de pratiquer de la sorcellerie, prétexte qui a finalement servi pour l’exclure de tout droit successoral.

Ma mère me raconte que son amie a vécu huit (8) mois dans la rue avec ses enfants, à mendier de maison en maison, alors qu’elle avait un toit qui lui revenait de droit. Accord du mari pour le droit à l’éducation et la formation.Poursuivant ma conversation avec ma mère, elle me raconte que certaines femmes ne pouvaient poursuivre des études qu’avec l’accord de leurs maris. Si le mari estimait qu’elle avait assez appris, il pouvait décider d’interrompre ses études sans que cela ne choque personne. C’est ainsi que plusieurs femmes ont été obligées d’abréger leurs études, pour éviter de fâcher les hommes qui partageaient leur vie, bafouant ainsi un des droits les plus importants : le droit à l’éducation.

Voilà la société dans laquelle a vécu ma mère, les droits de la femme complètement piétinés et Dieu seul sait combien de femmes ont souffert de cette situation. La société d’aujourd’hui. Aujourd’hui dans notre pays le Gabon, grâce à l’action permanente du Distingué Camarade Président, S.E Ali BONGO ONDIMBA, la femme est beaucoup plus émancipée et ses droits fondamentaux préservés. J’explique à ma mère que malgré ces avancées, les autorités gabonaises doivent de façon constante s’assurer que tout dans notre pays, aille dans le sens de l’égalité des droits entre l’homme et la femme.

De nos jours, un époux qui se rend coupable de violences conjugales est susceptible d’être emprisonné. Les lois de la République sont intransigeantes sur la protection de la veuve et de l’orphelin. Ce combat a été porté par la Première Dame du Gabon, Mme Sylvia BONGO ONDIMBA. Avec une pointe de nostalgie, ma mère m’explique que si son amie Christine M. avait vécu les temps actuels, elle n’aurait pas été maltraitée ainsi, après la mort de son époux.

De nos jours, les femmes gabonaises ont le droit de faire les études qu’elles veulent aussi longtemps qu’elles le souhaitent. L’éducation et la formation des femmes est un droit inaliénable. La conséquence de cette évolution des droits de la femme, est que nous avons depuis quelques années, des femmes extrêmement qualifiées et compétentes qui sont parfaitement intégrées dans l’administration publique et au privé.

A la fin de ma conversation avec ma mère, elle me fait remarquer, comme un peu pour me taquiner, que certaines femmes sont toujours moins bien payées que des hommes pour les mêmes diplômes ou responsabilités. C’est vrai, elle a parfaitement raison. Une femme au même niveau de compétences qu’un homme devrait percevoir le même salaire. Il faut que les autorités gabonaises s’emparent de la question, en menant dans un premier temps, une étude dans l’administration publique et en l’étendant ensuite au privé pour comprendre le phénomène.

Ma mère se dit rassurée de vivre dans une société gabonaise où les droits de la femme ont considérablement progressé. « Je peux aujourd’hui célébrer la Journée Internationale de la Femme en sachant que nous venons de loin. Je suis moi-même un témoin de cette évolution ». Nous nous sommes quittés sur la promesse de faire un inventaire des droits de la femme l’année prochaine à la même date.

Jo DIOUMY MOUBASSANGO, Conseiller du DCP auprès du SG, Porte-Parole du PDG.

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